LES TRESORS DES
FABRIQUES DU
DIOCESE DE JOLIETTE Le Patrimoine
Des sa
fondation, en 1967, le Musee d'Art de Joliette s'est attache a proteger et a faire
connaitre le patrimoine regional. Plusieurs initiatives ont ete prises depuis le
classement de la Maison lacombe, en 1969, et de l'eglise de Saint-Paul-de- Joliette, en
1973, les efforts, malheureusement vains pour sau- ver I'ancien edifice du Bureau
d'enregistrement de Joliette, en 1975, et les multiples interventions effectuees dans des
paroisses qui s'affairaient a rea- menager leur eglise selon les prescriptions de la
nouvelle liturgie.
Ces excursions repetees aux quatre coins du diocese ont vite
permis de se rendre compte que si les immeubles disparaissent assez facilement dans le
mouvement de ce qu'on appelle le progres, les objets mobiliers, les petits objets,
s'envolent encore plus vite, a cause de la facilite avec laquelle on peut les transporter,
les modifier, les faire disparaitre sans qu'a peu pres personne n'en so it informe ou ne
s'en aper~oive. Tres rapidement est apparue I'ur- gence de dresser un inventaire raison ne
et complet de toutes les reuvres d'art en possession des cin- quante-cinq fabriques du
diocese de Joliette.
L'idee d'un inventaire systematique du patri- moine artistique
n'est pas nouvelle. En fait, elle date de la Revolution"\ fran~aise. Plusieurs pays,
au 1ge siecle, ont lance des operations de cette sorte. Ainsi, I' Allemagne a publie 500
volumes d'un inventaire topographique systematique.
Au Quebec, des hommes clairvoyants, s'il en fut, comprirent la
necessite de dresser cet inventaire avant qu'on ne connaisse des bouleversements trop
profonds. MM. Jules Bazin, Gerard Morisset et Maurice Gagnon commencerent cette entreprise
et, des 1938, ils etaient a l'reuvre dans le diocese de Joliette. Toutefois, leurs efforts
n'ont eu que des resultats limites.
L'inventaire qu'ils avaient dresse n'etait pas exhaustif et ne
couvrait pas toutes les paroisses. A defaut d'une reglementation appropriee, les infor-
mations qu'il contenait sont longtemps demeurees, sans grande utilite, enfouies sur
quelque tablette gouvernementale.
11 suffit, par exemple, de constater que la Fabrique de
Saint-Cuthbert qui, en 1938, possedait I'un des plus beaux tresors d'orfevrerie de la pro-
vince -douze ouvrages portant les poin~ons de Delezenne, Paradis, Arnoldi, Amiot, Morand
et Huguet- n'en conserve plus qu'un seul: tous les autres ont disparus. Un des encensoirs
de laurent Amiot a ete achete, en octobre 1957, par un anti- quaire de Montreal et vendu
au Musee de Detroit ou il se trouve presentement. Quant aux'autres pie- ces, elles ont ete
ou bien vendues, ou encore tout simplement volees ou donnees, ou bien echangees contre des
vases sans doute plus brillants mais qui ne presentent aucun interet reel.
I1 fallait donc reprendre le chemin des parois- ses, aussi bien
des anciennes que des nouvelles, d'autant que la mobilite des petits objets leur fait
souvent accomplir d'etranges periples: ainsi a-t-on retrouve a Sainte- Marcelline,
paroisse fondee en 1927, deux ciboires qui auraient ete acquis cent ans plus tot par la
fabrique de Saint-Roch. De meme, il arrivait tres souvent qu'a la fondation d'une nou-
velle paroisse ou mission de colonisation, une pa- roisse plus ancienne fasse don
d'objets a une fabri- que demunie, astreinte a des frais eleves de construc- tion et a la
pauvrete relative de ses fideles.
L'interet de dresser un
inventaire complet est aujourd'hui plus evident que jamais. Les boulever- sements
economiques et culturels des dernieres an- nees ont modifie profondement le visage d'une
societe jusque-lii. presque immuable. Des temoins importants et precieux de cette
civilisation vont dis- paraitre dans les prochaines annees sans que nous n'y puissions
rien: le feu, par exemple, reste une menace constante en depit de tous les efforts de-
ployes pour en prevenir les destructions. Quand on pense que les trois interieurs d'eglise
srulptes dans le diocese, entre 1808 et 1840, par Joseph Pepin, un artiste sensible et
delicat, et qui constituaient les ensembles les plus complets et les plus harmonieux
realises par ce srulpteur, ont tous peri dans des incendiesl, l'on comprend mieux pourquoi
il faut redoubler d'efforts et d'initiatives pour au moins assurer la conservation de ce
qu'on peut arracher au sort et ii. la fatalite.
11 importe de conserver au moins le souvenir des reuvres disparues
et il a lieu de deplorer qu'au- rune institution au Quebec n'ait presentement la
responsabilite de garder ii. jour une phototheque complete. Les photographies d'epoque
couvrent souvent tout un pan de notre memoire collective; elles temoignent du caractere
ephemere des constructions de l'homme et, surtout, de la rapidite du changement
d'enviconnement qui s'opere presque a son insu. C'est en fait comme si l'homme se meta-
morphosait en meme temps que le decor qui lui sect de micoir reflexif. Les photographies
les plus troublantes sont probablement celles qui opposent une nouvelle eglise a
l'ancienne qu'on va bientot demolic, comme si la generation qui suivait ne pou- vait
survivre que dans la destruction de la prece- dente: le rejeton devorant ses parents,
mythologie aberrante qui veut que la vie se nourrisse de ses pro- pres destructions.
Voila le mystere des photographies des deux eglises de Mascouche,
celle du 18e siecle et celle de 1881; des deux eglises de Joliette, celle de 1842 et celle
de 1892; de l'eglise de Rawdon dont on acro- se les ruines fumantes, le 9 juillet 1954,
parce qu'elle est livree au pic du demolisseur. .Et plus loin, les duces l~ons des eglises
de Sainte-Elisabeth qui s'affaissent les unes apres les autres, en 1864, 1902, 1949, comme
autant de cathedcales englou- ties, parce que construites sans respecter les forces
cachees d'un sol mouvant et capricieux.
Et les archives qui revelent que c'est a la suite des ordonnances
rendues par Mgr Ignace Bourget, au cours de ses visites episcopales, que le decor
interieur des eglises de la region de Montreal s'est sensiblement modifie a partir du
milieu du 1ge siecle: l'ordre de faire disparaitre le banc d'reuvre particulier des
marguilliers, d'administrer le bap- teme a l'arriere de l'eglise puis clans la sacristie,
de faire evacuer du sanctuaire le maitre-chantre et son trone, ont provoque la disparition
d'ouvrages consi- derables de sculpture ornementale.
De cette epoque, il ne subsiste plus clans le diocese de Joliette
que deux accoudoirs de banc d'reuvre, celui de Saint-Paul et celui de Lavaltrie2, qu'un
seul tableau evoquant le bapteme du Christ, qui aurait orne un baptistere a Saint-Paul, et
un seul trone de chantre, clans le sanctuaire de Berthier.
Mgr Bourget, deuxieme eveque de Montreal, (1840-1876), ne s'est
pas limite a faire disparaitre certains des elements de la decoration et du mobi- lier des
eglises. Ultramontain, il fit aussi disparaitre du costume des pretres tous les restes du
gallicanis- me, substituant le collet romain au rabat fran~ais, la barrette plate au
bonnet carre et le ceinturon au ruban de taille. A la suite de ses nombreux voyages a
Rome, il repandit le gout des tableaux peints par les petits maitres italiens: Oreggio,
Zoldattis, Zap- poni, Porta succedent, aux murs des sanctuaires, a Beaucourt, Dulongpre,
Roy-A~dy et Tessier. pen- dant pres de vingt ans, les fabriques du diocese de Joliette
delaisseront les copies traditionnelles exe- cutees par des peintres du Quebec pour
acquerir, a la faveur de quelque voyage du cure ou d'un abbe, un tableau romain ou
fran~ais, tels ceux que la fa- brique de l'Ile Dupas acquit, en 1871, du peintre rouennais
Dupuis de Laro~he. Meme les portraits g'abbes, de chanoines, de cures et de superieurs
seront alors executes par des peintres romains ou fran~ais, et non plus par les
portraitistes ambulants qui, au debut du 1ge siecle, avaient fixe sur la toile la bonhomie
tranquille ou la morgue caustique des cures de village. En architecture religieuse, Mgr
Bourget favorisa le style de la basilique et de l'egli- se romaines.
Victor Bourgeau (1809-1888) et le Pere Joseph Michaud
(1822-1902), professeur au seminaire de Joliette, se firent les interpretes, clans le
diocese de Joliette, de cette influence clans l' architecture des eglises et des couvents
construits a cette epoque. Bourgeau fit les plans ou remania plus de seize eglises clans
le diocese de Joliette3. Tres tot, le Pere Michaud, clerc de Saint- Viateur, coopera avec
lui, tra~ant lui-meme les plans de l'eglise de Sainte- Melanie (1868), de l'Institut de
Joliette (1868), de l'eglise de Saint-Thomas (1869-1892), du cou- vent (1871) et de
l'eglis~ (1887) de Saint-Liguori, du presbytere de Sainte-Elisabeth (1873), de l'aile de
brique du Seminaire de Joliette (1875), de la chapel le Notre-Dame de Bonsecours
(1875-1883), de l'eglise (1875) et du couvent (1888) de Saint- Norbert, de la chapelle
Saint- Joseph, a Joliette (1876) et du presbytere de Saint-Calixte (1881).
Aucune etude exhaustive n'a encore permis de saisir
l'ampleur et l'importance de l'reuvre archi- tecturale de Victor Bourgeau, de son associe
Alci- biade Leprohon et du pere Joseph Michaud4. Seul un inventaire systematique des
archives de tous les dioceses permettrait de rassembler toutes les infor- mations
presentement eparSeS5. Ce que l'inventaire mene clans le diocese de Joliette a permis de
reve- ler, c'est que l'reuvre de ces architectes est beaucoup plus considerable et
importante, pour la comprehension de 1'evolution de 1'art architectural au Que- bec dans
la seconde moitie du 1ge siecle, que tout ce qu'on a pu ecrire ou lire jusqu'ici.
Au debut des annees soixante, il y a a peine vingt ans, le
mouvement de renouveau liturgigue allait bouleverser a nouveau le decor interieur des
eglises: les premieres cibles de cet aggiornamento furent les chaires: il ne reste plus
que deux chaires qui soient intactes dans le diocese de Joliette: celles de Saint-Paul et
de Saint-Lin; vingt-six autres ont ete demantelees, amputees ou ont disparues; parmi
elles, des reuvres d' Amable Gauthier, Victor Bour- geau, du pere Joseph Michaud,
Dangeville Dosta- ler, Lucien Benoit, Joseph Giroux et Alphonse Roger.
Puis disparurent autels des chapelles, maitre- autels et
balustrades: Saint-Felix-de-Valois en a perdu deux, reuvres de Lucien Benoit, dont les
des- sins, retrouves chez 1'un de ses petits fils6, en rap- pellent la qualite et le
caractere; Lavaltrie, Saint- Alexis, Saint-Calixte ont connu les memes avatars. Ce qui
apparait evident au fil des recherches, c'est que la disparition du decor sculpte et du
mobilier des sanctuaires est bien souvent le resultat d'un changement dans les
prescriptions de la liturgie, changement qui n'a pas ete accompagne de mesures de
conservation des reuvres devenues desuetes. En supprimant le banc d'reuvre, qui faisait
pendant a la chaire, on a rompu l' equilibre architectural de la nef; en demantelant les
autels de chapelle, on a cree des vides artificiels dans les sanctuaires; en rempla- ~ant
les tabernacles anciens par d'autres en metal pour se garder du feu, on a fait disparaitre
des por- tes sCulptees, ouvrages de maitrise. En somme, le besoin de s'adapter, non
accompagne de mesures de conservation, a fait disparaitre quantite d'reuvres qu'il aurait
ete pourtant facile de preserver. On aura ainsi mieux compris comment, meme dans
1'expression de sa foi, les reuvres de 1'homme n'echappent pas a la fatalite de son
destin.
Cet inventaire aura donc ete beaucoup plus qu'un cadastre
artistique,' ,Je tout n'est pas seule- ment ici la somme de ses parties», ecrit Andre
Malraux. En meme temps qu'il complete nos con- naissances, l' inventaire suggere une mise
en ques- tion sans precedent des valeurs sur lesquelles ces connaissances se fondent.
L'inventaire aura permis d'identifier trois pieces d'orfevrerie du
18e siecle (bougeoir, calice et ci- boire), un ciboire de Jean-Fran~ois Landron (1686-
1762) ; une piscine de Paul Lambert dit Saint-Paul (1691-1749); un gobelet et un calice de
Roland Paradis (1696-1754); une ampoule et un plateau d'Ignace-Fran~ois Delezenne
(1717-1790); deux calices exceptionnels et une ampoule de Fran~ois Ravoyze (1739-1819) ;
un calice de Michel Arnol- di (1763-1807); un ciboire de Robert Cruickshank (1755-1808);
cinq pieces de Pierre Huguet (1749- 1817); huit de Salomon Marion (1782-1830), dont un
ostensoir d'importance; onze pieces de Paul Morand (1775-1856), dont un encensoir, une
navette et un calice d'une facture fort soignee.
L'inventaire a egalement permis d'identifier seize reuvres du
peintre Louis Dulongpre ( 1759- 1843); neuf d'Yves Tessier (1800-1843); une du peintre
Antoine Plamondon (1804-1895) ; trois portraits.de Samuel Hawksett (actif entre 1856 et
1905) et cinq reuvres d'Eugene Hamel (1845- 1932), sans compter les reuvres de l'abbe
Jules-B. Rioux, de Georges Delfosse, de Narcisse Poirier, et les nombreuses toiles d'Ozias
Leduc (1864- 1955) dans la voute de la cathedrale de Joliette (1892-1893). .
Les resultats les plus inattendus de cet inven- taire auront
probablement ete l'identification des ouvrages de sculpture des associes, disciples et
col- laborateurs de Louis Quevillon (1749-1823) et de son ecole. Parmi ceux-ci, les
reuvres de Joseph pepin (1770-1842), sauvees des incendies successifs, of- frent une
qualite et une sensibilite toute contenue; les ouvrages de Pierre Viaud, a Saint-Lin et a
Saint- Calixte; de Paul Lefebvre, a Sainte-Elisabeth et a l'lle Dupas; de Pierre Guibord,
a Saint-Paul et a Sainte-Elisabeth; en/in, d' Amable Gauthier (1792- 1876), sculpteur peu
connu dont les reuvres fortes et enthousiastes constituent les meilleurs exemples d'une
tradition sculpturale qui s'est prolongee tout au long du 1ge siecle. Ces
recherches ont permis aussi de lever le voile sur un sculpteur meconnu mais pourtant
talentueux et particulierement actif au toumant du siecle: la decouverte d'une caisse
contenant plus d'une centaine de dessins de la main du sculpteur Lucien Benoit
(1850-1935), represen- tant des reuvres executees pour plusieurs eglises du Quebec dont
neuf du diocese de jollette. Les aes- ins d'une valeur inestimable pour la recherche en
iistoire de l'art au Quebec a la fin du 1ge siecle, out comme les a:uvres du sculpteur
Alphonse Du- ant7 et des architectes Perrault et Mesnard8 font )ien voir que, sans un
inventaire systematique, le 'hamp de la recherche se retrecit aux maitres les ,Ius connus,
mais laisse dans l'ombre les a:uvres recoles, l'etude des influences, les emprunts et le
nimetisme, phenomene dont on a peu mesure l'im- )ortance dans l' art ancien du Quebec.
Un inventaire complet permettrait de faire con- laitre toutes les
a:uvres de l'epoque et d'ouvrir ies champs nouveaux a la reflexion et a l'analyse, ~n meme
temps qu'il nous autoriserait peut-etre a tirer des conclusions differentes de celles qui
ont ete
jusqu'ici publiees.
I1 ne faudrait pas croire qu'il s'agisse unique- ment d'une evolution
du gout: ce n'est pas seule- ment le gout qui, a la fin du 1ge siecle, associe
l'ornementation au triomphalisme a la mode: Les hommes de cette epoque ne la voyaient pas
avec nos yeux d'aujourd'hui. Pour que l'a:uvre d'art soit inventoriee, il faut qu'elle
soit montree dans son contexte: au regard de l'interpretation qu'on lui 1e par la suite,
la liturgie actuelle nous fait IX comprendre le sens de la liturgie ancienne. L'reuvre
d'art n'echappe pas a la desaffection du
de la perfection qu'elle porte, mais le change-
t des valeurs dont elle etait le symbole, par le
que lui donne l'homme a travers les differentes
~ues de sa vie sociale.
"Tout inventaire est ordonne par des valeurs:
'est pas le resultat d'une enumeration mais d'un age», c'est-a-dire de la perception que
nous
tlS aujourd'hui d'une realite dont il ne reste plus quelques lambeaux, parfois des debris.
L'exposition des Tresors des fabriques du dio-
~ de loliette, telle qu'elle a ete presentee au pu-
du 15 janvier au 15 mars 1978, a pu creer une
sse impression: a voir les argents et les ors ruti-
le bois s'arrondir sous la main habile du sculp-
r, les photographies s'-illigner en ordre impecca- comme dans un album de famille, on peut
croire
: tout cet heritage est precieusement conserve. 11
vrai qu'en certains endroits, on en prend un soin .ticulier; tel n'est malheureusement pas
le cas en leral. La dispersion, l'emiettement, l'enfouisse-
nt dans des recoins, comme pour oublier les uvais souvenirs d'un defunt encombrant, font
~rcevoir qu'une exposition semblable, presentee
lq ans plus tard, aurait ete amputee de l'une ou utre de ses photographies ou de ses
pieces d'orfe- ~ries les plus importantes. Au cours de deux an-
es mises a completer cet inventaire, deux pieces
res sont disparues: rune des deux ampoules de an~ois Ranvoyze repertoriees a Saint-Roch,
en tlvier 1975, et un calice de Paul Morand identifie Saint-Lin, en.fevrier 1975, n'ont pu
etre retrouves
mr etre presentes a l'exposition. De meme, un 'nitier en fonte emaillee est disparu de
Saint-Paul.
11 faut certainement presser les autorites dioce- ines et les pouvoirs publics
de porter une attenion 1mediate a cette situation et de mettre en lieu sur .qui figure a
l'lnventaire regional, une fois ce ~rnier complete. La Commission des Biens Cul- lrels
n'accorde que trop peu d'attention aux inven- Lires d'objets mobiliers et a leur
classement. 11 ludrait, au plus tot, dresser un inventaire de tous
~s dioceses: a Trois-Rivieres, par exemple, a peu res rien n'a encore ete fait malgre
la richesse et importance de l'histoire de cette region du Que- ec; dans le diocese de
Joliette, mettre a l'abri Jut ce qui figure a l'lnventaire et qui n'est pas l'ob-
~t d'utilisation courante. Un recensement periodi- [ue devrait en outre permettre de s'
assurer que les Ibjets sont toujours conserves a l'endroit ou ils mt ete trouves. Par
ailleurs, un catalogue descriptif omprennant une analyse, une illustration photo-
~raphique et une documentation graphique pour :hacune des pieces de l'inventaire sera
bientot )ublie.
Cette somme importante de travail est urgente. L'heritage des
productions de l'esprit est la con- !ition essentielle de la survie d'un peuple. Si nous
tle voulons pas disparaitre comme societe, il nous faut fouiller la tradition, identifier
nos racines et prendre a regard des evenements d'aujourd'hui la distance qui peut seule
nous permettre de definir le sens de la duree d'un effort de civilisation qui ne se limite
pas qu'aux arts mais a reussi une synthese des valeurs qui donnent au Quebec une identite
unique. |
 |
1. Vetements episcopaux de Mgr ]oseph-Alfred
Archam- bault, premier eveque de ]oliette (1904-1913), acquis en France ou en Italie.
Cande- labre. Ostensoir en cuivre dore.
NOTES: Saint- Jacques-de-l' Achigan, incendiee en 1914;
Saint- Esprit: eglise demolie en 1901, incendiee en 1931; Saint Roch- de-l' Achigan,
incendiee en 1958. |
 |
2, A g,: Pieces d'orfevrerie fran(aise du 18e
s, et de Paul Lambert dit Saint-Paul, d'If!,nace-Fran(ois Delzenne, de Roland Paradis et
de Michel Arnoldi; au centre: deux calices de Fran(ois Ranvoyze;
un ciboire, un ostensoir, des aiguieres, des encensoirs et des benitiers de Saclomon
Marion; a dr.: ciboire de Jean-Fran(ois Landron. Au fond, trois tableaux attribues a Yves
Tessier: Saint-Franrois de Sales et Sainte Famille, 1830, Bapteme du
Christ, vers 1837.
NOTES: L'accoudoir de Saint-Paul est conserve au
Musee d' Art de Joliette; celui de Lavaltrie sert d'autel d'hiver dans la sacristie
de I'eglise. |
 |
3. Amable GAUTHIER (1792-1876)
Diverses pieces de sculpture: Chandelier pascal (1834); Garniture d'autel.( 1835-
1845) ; Chaire, etc.
NOTES: Dans le diocese de Joliette, il a fourni les
plans des eglises de I'Ile Dupas (1851-1855); Saint-Alexis (1852); Saint- Felix (1854);
Saint-Ambroise ( 1855) ; Saint-Roch (le clo- cher, vers 1856) ; Saint- Jacques (la fa\ade
et le clocher, 1859- 1860) ; Saint-Gabriel, Sainte- Julienne ( 1860) ; Lanoraie
(1862-1864); Sainte-Elisabeth (la fa\ade, 1864) ; Lavaltrie (1866) ; Saint-Barthelemy
(1866) ; Saint-Esprit (le clo- cher, vers 1869) ; Saint-Paul de Joliette (I'interieur,
veTS 1870). |
 |
4. Croix de fer des cimetieres de Saint-Lin
et de Saint-Paul (debut et fin du 1ge s.).
NOTES: Voir I'etude redigee par Me Jean Hetu et
presentee a la Societe Historique de Joliette, en decembre 1977. |
 |
5. Photo du P. Louis-Joseph Michaud,
architecte (disciple de Victor Bourf,eau). Sculp- tures du P. Michaud ainsi qu'une
transcription de son Precis d'Architecture (92 pages).
NOTES: Raymond Lefebvre, lavaltrie. |
 |
6. Trois statues d' Amable Gauthier
(1833-1837) ; vetements et objets ( dont un calice fran~ais de la fin du 1ge s.) ayant
appartenu a Mgr Archambault. A droite, son portrait peint a Rome par Soldati.
NOTES: Voir les chapitres Patrimoine mabi/ier inclus
dans les quatre rapports annuels de la Commission des Biens Cultu. rels du Quebec. |
 |
7. A g. : Objets ayant appartenu a Messire
Antoine Manseau, deuxieme cure de Joliette, dont la photo apparait au fond, de meme que
celle de la premiere eglise de Joliette, 1841-1842; a dr.: Objets ayant appartenu a Mgr
Ignace Bourget (1799-1885) et a Mgr Vital- Justin Grandin (1829-1902).
NOTES: Alphonse Durand et sa femme ont sculpte le retable
de la chapelle du Seminaire de Joliette (1881.1882), conser. ye au Musee d'Art de
Joliette. |
 |
8. Jean.fran(ois LANDRON Ciboire. Argent; H.:
28 cm.
(Toutes les photos sont de Gabor Szilasi)
NOTES: Ces architectes ont executes les plans du retable de
la chapel le du seminaire de Joliette (1881), de la cathe. drale de Joliette ( 1883) , de
la seconde fa\ade de Saint. Cuthbert (1884), de reglise de Saint.Lin (1886.1888) et de la
deuxieme ep;lise de Sainte. Elisabeth (1902). |
|