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Le Sénat

La Chambre haute du Parlement canadien regroupe actuellement 105 sénateurs nommés par le premier ministre. 

Le Sénat compte 4 divisions sénatoriales de 24 sénateurs chacun :

les Maritimes
l’Ontario
le Québec
l’Ouest

de même que 6 autres sièges pour Terre-Neuve, un pour les Territoires-du‑Nord‑Ouest, un pour le Yukon et un pour le Nunavut.

Comment devient-on sénateur?
Pourquoi avons-nous deux chambres?
 



Comment devient-on sénateur?

Selon l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867, les critères d’admissibilité des sénateurs sont les suivants : (1) être âgés de 30 ans révolus; (2) être citoyens canadiens; (3) être propriétaires de biens immobiliers valant au moins 4 000 $ dans la province pour laquelle ils sont nommés; (4) être domiciliés dans cette même province (à l’exception du Québec). 

Les nominations sénatoriales au Québec diffèrent de celles du reste du pays en ce sens que pour être nommé sénateur au Québec, la personne doit être propriétaire d’un bien immobilier dans le district sénatorial où elle est nommée. 

Le Québec est la seule province du Canada à avoir des districts sénatoriaux proprement dits. Ces districts correspondent aux 24 divisions électorales de l’Assemblée législative du Québec à l’époque de la Confédération. Les pères fondateurs avaient convenu que pour gouverner en fonction de la population à la Chambre des communes, le Sénat respecterait le principe de l’égalité régionale.

« Or, l’essence de notre convention est que l’union sera fédérale et nullement législative. Nos amis du Bas-Canada ne nous ont concédé la représentation d’après la population qu’à la condition expresse qu’ils auraient l’égalité dans le conseil législatif. Ce sont là les seuls termes possibles d’arrangement ...»

-L’honorable George Brown, cité par la Cour suprême du Canada dans Renvoi : Compétence du Parlement relativement à la Chambre haute, [1980] 1 R.C.S. 54, p. 67
 

Pourquoi avons-nous deux chambres? 

À la Conférence de Québec de 1864, les pères de la Confédération ont mis au point un avant-projet de Constitution pour le nouveau pays. Les pères fondateurs étaient convaincus que le Parlement du Canada aurait besoin de deux chambres pour s’assurer que chaque texte de loi recevrait toute l’attention voulue. Ils ont donné au Sénat des pouvoirs législatifs semblables à ceux de la Chambre des communes mais lui ont confié un rôle très différent. Le Sénat devait être, aux dires du premier Premier ministre du Canada, Sir John A. MacDonald, un lieu de « second regard serein ».

«Afin de protéger les intérêts locaux et d’empêcher des jalousies régionales, on a jugé nécessaire que les trois grandes divisions qui composent l’Amérique du Nord britannique soient représentées à la Chambre haute en fonction du principe de l’égalité. Il y a trois grandes divisions dans cette Confédération proposées. D’abord, l’Ouest canadien, une région agricole éloignée de la mer et qui comprend la plus grande population ayant surtout des intérêts agricoles à défendre. Il y a le Bas-Canada, ayant d’autres intérêts distincts et surtout des institutions et des lois qu’il veut protéger jalousement contre l’absorption par un pouvoir plus nombreux ou plus fort. Et il y a les provinces des Maritimes, ayant elles aussi leurs intérêts régionaux propres, à cause de leur situation, de leurs classes et de leurs intérêts, qui sont inconnus dans l’Ouest canadien. Par conséquent, à la Chambre haute, - dans la chambre qui possède un pouvoir de contrôle et de réglementation mais non d’initiative (car nous savons qu’ici comme en Angleterre, c’est de la Chambre basse qu’émanent en pratique les politiques de grand intérêt public), dans la chambre qui exerce un pouvoir de second regard sur les lois - il est prévu que chacune de ces grandes régions sera représentée également par vingt-quatre (24) membres. La seule exception à cette règle de l’égalité est Terre-Neuve, qui a ses propres intérêts, se trouvant à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent et étant peut-être plus liée au Canada qu’aux Basses provinces... Elle a donc été considérée séparément et aura une représentation distincte à la Chambre haute, ce qui constitue une exception par rapport au principe de l’égalité établi entre les autres régions.

Comme on peut facilement l’imaginer, les opinions divergeaient considérablement au début au sujet de la composition du Conseil législatif. Au Canada, le principe de l’élection dominait; dans les Basses provinces, sauf à l’Île-du-Prince-Édouard, c’était le principe de la nomination. Nous avons remarqué que les Basses provinces hésitaient généralement à adopter le principe de l’élection; de fait, je pense que la seule voix discordante à la Conférence contre l’adoption du principe de la nomination a été celle de l’Île-du-Prince-Édouard. Les délégués du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve favorisaient tous la nomination par la Couronne. Et la nomination par la Couronne ne saurait être plus conforme à la Constitution britannique...

Les arguments en faveur d’un Conseil élu sont nombreux et importants; ...je soutiens que ce principe n’a pas échoué au Canada; mais que des causes - que nous n’avions pas prises en considération à l’époque - expliquent pourquoi il n’a pas réussi autant que nous l’avions prévu. Une cause importante a été la taille énorme des circonscriptions et l’immense travail qu’ont dû abattre par la suite ceux qui avaient recherché le soutien populaire pour se faire élire au Conseil. Pour la même raison... les dépenses légitimes étaient si élevées que des hommes de grande valeur au pays, éminemment doués pour occuper un tel poste, n’ont pu se porter candidats...

Une Chambre haute ne serait d’aucune utilité si elle n’exerçait pas, quand elle le juge opportun, le droit de s’opposer à un projet de loi de la Chambre basse, de l’amender ou de le retarder. Elle ne serait d’aucune utilité si elle se bornait à sanctionner les décrets de la Chambre basse. Elle doit être une chambre indépendante, jouissant de sa propre liberté d’action, car elle n’est utile que comme organe de réglementation, qui considère calmement les projets de lois proposés par la chambre populaire, mais elle ne s’opposera jamais aux souhaits délibérés et compris du peuple» John A. MacDonald (Parliamentary Debates on the Subject of the Confederation of the British North American Provinces, (Quebec: Hunter, Rose, 1865), p. 22.)

Le Premier ministre John A. MacDonald et les autres partisans contemporains du système de gouvernement bicaméral étaient conscients que la Chambre haute, par son caractère indépendant et non électif, pouvait représenter les intérêts des Canadiens d’une manière unique et nécessaire. En outre, répartir le nombre de sénateurs en fonction du principe de l’égalité régionale faisait contrepoids aux inégalités que pouvait entraîner la représentation fondée sur la population à la Chambre des communes. 

De nos jours, le Sénat fait l’objet d’un débat, plus animé dans certaines régions qu’ailleurs. Certains croient que le nombre de sénateurs par région ne permet plus de représenter également les régions, d’où leur désir de réformer ou même d’abolir le Sénat. À cet argument s’ajoute l’allégation d’illégitimité et d’absence de comptes à rendre parce que les sénateurs sont nommés et non élus. 

Le débat sur d’éventuelles réformes du Sénat sera observé à l’occasion à partir de ce site.

Pour en connaître davantage, visitez les sites suivants:

http://www.parl.gc.ca/information/about/process/Senate/FAQ/senate-f.htm

 http://www.parl.gc.ca/information/library/idb/forsey/index-f.asp 


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